Médocs

Bien à l’abri, rangés dans nos trousses à pharmacie, plus ou moins alignés dans
nos armoires de salles de bain, traînant çà et là dans nos cuisines ou surgissant sur l’écran de TV, les médicaments font partie de notre quotidien.

Tout sauf innocents, ces petits concentrés de substances chimiquement actives agissent sur le monde, le transforment et réorganisent subrepticement les pratiques de soins dans lesquelles ils s’installent.

C’est notamment parce que les médicaments existent que les médecins généralistes sont devenus les principaux thérapeutes de première ligne à prendre en charge la souffrance psychique ; plus on a accès à une panoplie de psychotropes légers, plus les médecins sont tentés de régler toutes sortes de problèmes sous un angle médical. Un patient identifié comme déprimé, imaginez-le, par exemple, vu par un guérisseur marocain, celui-ci reliera d’autres signes, dans une autre histoire, qui lui paraîtront parfaitement naturels bien que les actes mentaux soient tout autre.

Avec l’arrivée sur le marché des antidépresseurs, les médecins se mettent ainsi à poser d’autres questions à leurs patients. Et nous de prendre conscience que nous n’avons pas toujours les bons outils de décodage, que notre regard est toujours préfabriqué. Il faut donc veiller à bien garder à l’esprit que les instruments dont dispose la médecine pour intervenir ont un effet sur nos définitions, nos modes d’intervention, ainsi que sur le devenir de ceux qui souffrent. Étant donné qu’ils occupent une large place dans la « boîte à outils » de nos soignants, il ne serait pas inutile de se pencher sur les effets culturels des médicaments : D’où viennent-ils ? Quels chemins empruntent-ils ? Quelles transformations permettent-ils ?

Pour en savoir plus, nous vous invitons à prendre connaissance de la pertinente nouvelle campagne « Médocs, les médicaments sont loin d’être des objets sans histoire… » de l’asbl L’Autre « lieu », association d’Education permanente en santé mentale basée à Saint-Josse. Celle-ci développe depuis 35 ans des initiatives permettant de construire une zone de rencontre entre ceux qui sont reconnus comme normaux et ceux atteints de maladies mentales.

Des ateliers de sensibilisation, des recherches-actions en santé mentale et campagne d’information participent à ce processus qui vise à induire des changements dans le fonctionnement de la machine pharmaceutique actuelle. Il serait sans doute intéressant d’apprendre à voir autrement. Face à une industrie qui entretient une certaine opacité sur ses essais cliniques et se polarise sur les médecins qui prescrivent les molécules qu’elle fabrique, nous pourrions tenter le pari de devenir des consommateurs actifs, moins ignorants par rapport aux médicaments qui nous sont prescrits, plus avertis de la façon dont ils sont arrivés sur le marché et de la raison pour laquelle ils figurent sur le petit papier tendu par notre médecin ; bref, plus curieux de leur histoire et de la nôtre.

Saint-Josse Sint-Joost

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1210 Bruxelles
T02 220 26 11

 

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Du lundi au vendredi de 8h30 à 13h.
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ouverts également le mardi de 16h à 18h30.