Portraits

« 100 ans – 100 visages » reprend les portraits de 100 personnes qui ont façonné le visage de Saint-Josse.
Ils sont artistes, politiciens, scientifiques, entrepreneurs ou simplement des habitants, des militants, des rêveurs… Leur point commun, c’est Saint-Josse et l’impact, parfois discret mais tout aussi important, qu’ils ont ou ont eu sur la commune.

A

Marguerite Acarin « Akarova » (1904 - 1999)

Danseuse, sculpteuse

Celle qui a souvent été qualifiée d’Isadora Duncan belge est née à Saint-Josse. C’est son premier mari, le critique d’art et créateur de meubles Marcel-Louis Baugniet, qui lui donne son nom de scène Akarova. Figure de proue du modernisme de l’entre-deux-guerres, elle compose ses chorégraphies dans la  mouvance des Ballets russes, qu’elle danse sur les musiques de ses contemporains. En 1938, son second mari, le mécène Louis Lievens, lui inspire l’une de ses premières sculptures. Ce premier buste révèle un style puissant, très certainement forgé par la discipline de la danse. Elle réalise de nombreux autres bustes dans la foulée, d’artistes et amis comme Maurice Carême, Charles Bertin ou Géo Libbrecht. Elle décède à l’âge de 95 ans dans son studio aménagé au-dessus de son ancienne salle de spectacle à l’Avenue de l’Hippodrome et elle est inhumée à Ixelles.

Dan Alexe (1961)

Réalisateur, journaliste

Dan Alexe habite Saint-Josse depuis 1995 et réalise une oeuvre cinématographique hors du commun : il traque l’humour dans une version féroce et improbable, aux quatre coins de la planète. Linguiste de formation, sa passion pour les langues l’a poussé à en apprendre plusieurs, un sacré plus pour un journaliste globe-trotteur. Correspondant à Bruxelles pour différents groupes de presse, il voyage au Proche-Orient, dans le Caucase et l’Asie centrale. Début 2000, il se lance dans le documentaire avec le premier volet de sa trilogie, Caen & Abel. Son film, Les Amoureux de Dieu, traite de querelles dans des confréries musulmanes de Macédoine. Le documentaire remporte un grand succès et reçoit des prix, tout comme Cabale à Kaboul (Il était une fois… les deux derniers Juifs d’Afghanistan). Il travaille en solitaire et vit en compagnie des gens qu’il filme.

Martin Apers (01.11.1940)

Tenancier de friterie

Depuis 1931, c’est une véritable institution qui embaume la Place Saint-Josse de cette délicieuse odeur de frites bien chaudes et croustillantes à laquelle il faut résister si on passe par là tous les jours. A noter qu’au tout début, la friterie était installée sur le côté de l’église, rue Saint-Josse. C’est en 1964 que  Martin Aspers commence à aider ses parents au fritkot familial. Fin 2009, à l’âge de 70 ans, Martin décide de fermer boutique : « J’ai fait mon temps et j’ai envie de voyager, de profiter de la vie ». Le flambeau est passé à Zoila Palma Altamirano, une Equatorienne de 37 ans qui a inauguré la nouvelle friterie le 2 mars 2011. Depuis, elle tient la dragée haute car la friterie de Saint-Josse figure dans le peloton de tête des trois meilleurs fritkots bruxellois. Martin peut être fier d’elle.

B

Mustafa Balci (28.11.1972)

Réalisateur

Né en 1972 à Marche-en-Famenne, Mustafa Balci entreprend des études de réalisation à l’Institut national supérieur des arts du spectacle (INSAS). Documentariste d’origine turque, il réalise plusieurs films tels que Toprak (1998), La Cité Méduse (2000), Les enfants du Sirat (2000), A l’ombre de la mémoire (2002) et Mariage, aller-retour (2006). Que ce soit des portraits de gamins déshérités d’Istanbul ou un hommage à Ramazan Gülgor, grand musicien de Luth, Mustafa Balci fi lme sans paillettes et partage avec émotion et sensibilité ses rencontres.Il a longtemps habité Saint-Josse.

Patrice Bauduinet (27.05.1969)

Réalisateur

Depuis sa sortie de l’INSAS en 1991, Patrice Baudinet balade sa caméra et ses idées loufoques avec un air de rien auquel il ne faut pas se fier. Il réalise pas moins d’une vingtaine de courts-métrages de Fais-moi Coin Coin (meilleur jeune espoir belge en 1994) à Chloé (2006). Patrice n’est pas peu fier d’avoir découvert Cécile de France qui  interprète une délicieuse Eve dans son court-métrage La nuit du 6 au 7 (2003), tourné au Bunker. En 2009, il se lance dans la réalisation d’un premier long métrage dont le titre, Les lacments de l’apocalypse, trahit ses origines liégeoises. Son Bunker Ciné-Théâtre voit le jour à Saint-Josse en 1999 et on y découvre une programmation délirante, dont le Festival du Fanzine. Un lieu underground à Bruxelles que ce créatif fait vivre avec passion, en jouant sur une très large gamme d’expressions artistiques, des arts de la scène à la BD, la vidéo ou la musique.

André Beniest, « Benn » (04.11.1950)

Auteur de BD

Le point commun entre Baudelaire, Malraux et Benn ? L’amour des chats, certainement (quelques  précieuses planches ont disparu entre les griffes de ses amis félins) mais peut-être aussi une soif de perfection qui l’a amené à détruire d’autres planches que des collectionneurs avertis auraient rêvé de dénicher. On lui doit des séries comme l’hollywoodienne Woogee ou Yves Boréal mais aussi Mic’Mac Adam qui plonge le lecteur dans une ambiance so British de l’ère victorienne. Il a travaillé avec Desberg chez Spirou, collaboré à l’hebdomadaire Tintin (Les Aventures de Tom Applepie) et dessiné pour les magazines Play Tennis, Stars et Cinéma. Il réside à Saint-Josse avec son épouse Jacqueline Coumont, artiste-peintre, qui fut d’ailleurs la première coloriste de la série Mic’Mac Adam.

André Bertulot (1920 - 1943)

Militaire, résistant

Engagé dans la Légion étrangère à 17 ans, il se retrouve en 1939 en Tunisie. Rapidement, il demande l’autorisation de rejoindre l’armée belge. Son unique frère avait été fait prisonnier en Allemagne. Il participe à diverses opérations de vol de documents dans des Kommandanturs en Belgique. L’Armée belge des Partisans lui confie cette mission qui la coûte la vie. Avec Arnaud Fraiteur et Maurice Raskin, il abat le journaliste Paul Colin qui affi chait ouvertement son soutien aux nazis. Après un simulacre de procès, il est exécuté au Fort de Breendonk en 1943. Il avait 22 ans. Ce sacrifice ne fut pas vain car après cette action, la plupart des journalistes qui collaboraient avec l’ennemi mirent une sourdine à leurs activités. La famille habitait au n° 109 de la rue du Marché, où une plaque commémorative fut placée jusqu’à la démolition de la maison.

Irma Bozzo (30.03.1954)

Assistante sociale

Figure de proue de la lutte sociale dans les quartiers populaires, on ne peut que saluer la fougue intarissable de cette femme qui se met immanquablement aux côtés des sans-emplois, sans-papiers, sans-… Activiste ou militante, selon les points de vue, elle est surtout engagée, proche des plus démunis et en lutte constante pour obtenir de meilleures conditions de vie pour les laisser-pour-compte que notre société produit. Tout le monde connaît Irma à Saint-Josse, tout particulièrement dans le quartier Botanique. Dans les années 70, le comité de quartier qu’elle animait a réalisé le PPA (Plan Particulier d’Aménagement) du Botanique. Très active au sein du DSQ (Développement social de quartier) qui  regroupe des associations comme la Maison rue Verte, Inser’Action et aussi le foyer restaurant, elle y a laissé des traces visibles.

Katryn Brahy (02.03.1960)

Journaliste

C’est à la rédaction du Soir que la jeune juriste cherche ses premiers jobs d’étudiante, ce qui témoigne déjà de son attrait pour les médias. Son diplôme de Droit en poche, elle décroche un remplacement chez RTL où, 25 ans durant, elle participera au développement de la chaîne, en télé mais aussi en radio sur Bel RTL. La politique sera son fer de lance. Dans ses interviews, elle ne se départit jamais de son sourire et n’hésite pas à recourir à l’humour pour faire cracher le morceau à ceux qu’elle cuisine. Redoutable, certes, mais son but n’est pas de piéger. Elle se voit plutôt comme une médiatrice entre l’invité et l’auditeur. Avant de quitter le sol tennoodois, où elle habite depuis les années 90, elle est faite citoyenne  d’Honneur de la commune en juin 2008. Katryn est depuis la déléguée pour la délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.

Philippe Brodzki (1952)

Sculpteur

Né à Bruxelles et issu d’une vieille famille polonaise, Philippe Brodzki est un sculpteur apprécié pour la surprenante aisance de ses cavaliers et égéries féminines. Son « Citoyen » a atterri devant la maison communale de Saint-Josse en 2008, au terme d’un parcours aussi singulier que l’oeuvre elle-même. Une tortue géante achetée chez un taxidermiste de la rue de Flandre et un personnage haut en couleurs, une sorte de « roi soleil… avec des cheveux incroyables… ». Le sculpteur a un flash : la statue Le Bacchus des jardins de Boboli. « Je voudrais que vous posiez pour moi sur une tortue ». L’inconnu accepte l’étrange invitation. Au détour d’une rencontre, c’est donc sur le sol tennoodois que cette oeuvre trouve sa place. Il y a là un acte de poésie pure, du mécénat comme il n’en existe quasiment plus et que l’on doit à Michel Allard de Clairmarais.

C

Joke Callewaert (21.11.1974)

Avocate

Diplômée en Droit à la VUB en 1997, Joke Callewaert effectue son stage chez Jan Fermont. L’idée d’une défense accessible à tous fait son chemin. Sa vocation lui est venue à Molenbeek en travaillant comme monitrice dans une maison de jeunes. Elle entre dans le bureau Progress Lawyers Network et crée une antenne locale dans son quartier. Cinq ans plus tard, les antennes sont présentes à Saint-Josse, Anvers et Gand. Sur le mode collectif, les avocats se partagent non seulement les dossiers mais aussi les rentrées financières, démarche peu commune dans cette profession. Elle est souvent confrontée à des jeunes qui n’ont aucune confiance en la justice. « Aller vers les autres, sortir de son quartier, parler de ses problèmes personnels, flirter, discuter avec un prof… sont autant de situations compliquées pour plus d’un ». Son combat ? Offrir à ces jeunes l’opportunité d’être défendus correctement.

Guillaume Charlier (1854 - 1925)

Sculpteur

En 1879, la sculpture Le déluge du jeune Charlier est remarquée par le collectionneur et mécène Henri Van Cutsem qui le prendra sous son aile. Le 16 de l’avenue des Arts devient un centre de l’épanouissement artistique où de nombreux talents en herbe trouvent un foyer. Charlier, qui n’a jamais caché ses origines modestes, s’est révélé être un pionnier de la sculpture réaliste en Belgique. Les représentations des gens du peuple dans leurs activités quotidiennes se trouvent au coeur de son travail. Il est l’auteur de sculptures à Tournai et Blankenberge. A Saint-Josse, son Monument aux Morts et ses Carriers ornent les places. Membre du groupe Les XX, il peint aussi des champs de blé près de Malines ou des vues de plage à la côte. Après le décès de son bienfaiteur Van Cutsem en 1904, il accroît la collection de ce dernier et à sa mort, lègue celle-ci ainsi que la maison et son mobilier à la commune.

Michel Cleempoel (1954)

Artiste numérique

Les arts numériques ne sont peut-être pas encore très reconnus dans le grand public mais dans cette discipline qu’il enseigne à l’École Supérieure des Arts Plastiques et Visuels de Mons, Michel Cleempoel fait figure de référence. Dans sa démarche artistique, le temps et la lumière sont les principaux éléments qu’il utilise pour appréhender le monde. Au départ d’un diplôme en sérigraphie décroché à la Cambre en 1987, il se tourne vers les nouvelles technologies qu’il utilise dans son travail tout en se jouant de leurs ambiguïtés. En 2009, il est à l’initiative du jeu online Yoogle! qui dévoile les coulisses du marché des données personnelles et en 2010, il participe à la semaine Technologie Mon Amour de la Ligue des Droits de l’Homme. Artiste contemporain reconnu, il expose régulièrement à Bruxelles et à l’étranger et il est aussi possible d’emprunter une de ses oeuvres à l’Artothèque de Wolubilis. Michel Cleempoel habite Saint-Josse depuis 1994.

La Famille Cluysenaar

En 1841, la maison de l’architecte Jean-Pierre Cluysenaar (1811-1880) est construite à l’avenue des Arts 10-11. Après des rénovations successives entre 1935 et 1993, les pièces d’origine sont classées. Cet architecte, notamment de la Galerie de la Reine, a également été le fondateur d’une véritable dynastie d’artistes. Grand-père de l’architecte Paul Saintenoy (Old England) du côté de sa fi lle et père du peintre Alfred Cluysenaar (1837-1902), connu pour ses peintures murales à Saint-Gilles et à Gand. Alfred initie son fi ls, le portraitiste André (1872-1939). Son petit-fi ls John (1899-1986) se consacre d’abord à la sculpture (Prix de Rome en 1923) mais malgré la reconnaissance, il se voue à la peinture dès 1939. La technique des taches de couleurs accumulées créant des « visages imaginaires » rappelle celle de Pollock. Le Musée Charlier possède plusieurs oeuvres des membres de cette famille.

Gérard Corbion (26.12.1959)

Comédien

La Compagnie de la Casquette a été fondée en 1983 par quatre comédiens : Gérard Corbion, Luc Devreese, Philippe Jolet et Isabelle Verlaine. Elle privilégie un théâtre de création où les préoccupations des adultes rencontrent celles des enfants. La Compagnie s’implique dans une valorisation d’une culture de l’enfance tout en revendiquant une meilleure reconnaissance du théâtre jeune public. A ce jour, la Compagnie de la Casquette a créé 25 spectacles et joué près de 2 500 représentations en Belgique et à l’étranger. Elle a obtenu de nombreux prix et récompenses. Elle organise aussi des stages, des formations pour professionnels, des ateliers pour adultes au cours desquels les artistes transmettent leur expérience du clown, du mouvement et de l’écriture. Décidément très active à la rue des Coteaux, citons encore les Caravanes, ces rencontres artistiques expérimentales et festives ouvertes au public.

Pierre Cordier (28.01.1933)

Peintre, Inventeur du Chimigramme

En 2007, le Musée de la Photographie de Charleroi consacre une rétrospective de son oeuvre, à l’occasion des 50 ans du fameux Chimigramme dont cinq exemplaires ont trouvé place au Centre Georges Pompidou (Beaubourg) en 2009. Cet aboutissement est révélateur de la qualité de l’oeuvre de ce curieux insatiable et autodidacte qui habite toujours les ateliers Mommen. Parmi les nombreuses facettes de ce personnage fascinant, citons une longue amitié avec le chanteur Georges Brassens. Il publie ses photos personnelles en 1998 et d’incroyables enregistrements des années 50 sont édités sur CD en 2001. Récemment, la Première (RTBF) lui consacrait une émission où il relatait ses souvenirs, dont certains témoignent de la complicité qui unissait les deux hommes. Qu’est ce qu’un Chimigramme ? Une image obtenue à la lumière du jour par un procédé physico-chimique, entre la peinture et la photographie.

La Famille Courtens

Franz Courtens (1850-1943) était un pleinairiste et peintre anti-académique de paysages, de marines et d’animaux. Cet étudiant de l’Académie de Termonde, remporte en 1883 la médaille d’or à L’Exposition Internationale à Amsterdam et reçoit le titre de baron en 1922. Après la naissance de son premier fils, le portraitiste Hermann (1884 -1954), il déménage à Saint-Josse-ten-Noode où naissent ses deux autres fils ; le sculpteur Alfred (1889-1967) et l’architecte Antoine (1899-1969). Alfred et Antoine construisent en 1922 l’atelier de leur frère Hermann situé dans la Rue Braemt 97-99.

Guy Cudell (1917 - 1999)

Bourgmestre (1954 - 1999)

Bourgmestre socialiste de 1954 à sa mort en 1999, soit 45 ans ! Il avait été élu pour la première fois au Conseil communal après les élections de 1947, devenant Échevin de l’Instruction publique, pour succéder 7 ans plus tard au bourgmestre PSC Saint-Rémy. Il fut aussi élu à plusieurs reprises à la Chambre des Représentants et même Secrétaire d’Etat aux Affaires bruxelloises dans d’éphémères gouvernements nationaux (Leburton et Martens). Le 24 juin 1984, Guy Cudell est enlevé par un de ses administrés, qui réclame une rançon. Cet épisode ne sera jamais complètement éclairci, notamment quant à son dénouement rocambolesque. Il fut le dernier à porter l’uniforme de bourgmestre avec une épée et un bicorne, refl et d’une forte personnalité, attachée à une certaine étiquette. Très impliqué dans la construction de l’avenir de sa commune qu’il voulait radieux, il oeuvra en faveur du développement du quartier Nord, le Manhattan bruxellois. Plus de dix ans après sa disparition, son souvenir est encore très vivace auprès des Tennoodois.

D

Jérôme Dayez (03.06.1948)

Professeur, plasticien, sculpteur

D’une simple touillette trouvée sur le trottoir, Jérôme Dayez peut en faire un élément d’un tableau ou d’une sculpture. Dans son travail, il est fasciné par les innombrables merveilles que le quotidien offre gratuitement et il perçoit en un coup d’oeil le potentiel créatif d’un simple morceau de pince à linge et de tous les rebuts que notre société produit à profusion. C’est bien entendu à pied qu’il arpente la ville inlassablement pour collecter ses trouvailles. La Galerie 18+1 lui a consacré une exposition au printemps
2011, avec ses deux fi lles Hortense et Théodora. En tant que peintre, il a quitté le chemin paisible du figuratif pour des chemins de traverse où il ose des oeuvres dont il ne connait jamais le résultat final à l’avance. Habitant tennoodois depuis trente ans, Jérôme Dayez réalise des fresques murales place Bossuet, rue de l’Union et sur la façade de sa propre maison, rue des Moissons.

Pierre De Jaegher (07.03.1973)

Coordinateur et animateur radio

Radio Panik est une radio libre et associative qui a vu le jour en 1983, sous l’impulsion de jeunes militants qui veulent réagir à la montée de l’extrême-droite, d’où le nom. Les temps ont changé depuis mais quelque chose de l’esprit est resté dans une forme respectueuse et ouverte d’engagement. La programmation est incroyablement variée et les émissions sont assurées par une centaine de bénévoles dont une quinzaine s’impliquent davantage dans la vie de la radio. Sur 105.4 FM, cette radio pas commerciale émet 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Pas de plages publicitaires et un goût prononcé pour l’inédit et les discrets du box offi ce, voilà la signature de Radio Panik. Pierre De Jaeger est aux manettes depuis 2008.

Emile-Georges De Meyst (1902 - 1989)

Réalisateur, scénariste

Ce réalisateur belge est né à Saint-Josse qui a connu une sorte d’âge d’or dans les métiers techniques liés au cinéma, des années 50 aux années 80. Emile-Georges De Meyst a réalisé des films populaires comme Le Cocu magnifi que (1947) mais c’est surtout pour son film Soldats sans uniforme qu’il est connu. Ce fi lm traite de la résistance et a été tourné clandestinement pendant la guerre. Il avait réussi à se procurer de la pellicule et avait imaginé deux scénarios superposés pour ne pas être démasqué. Même les acteurs, les fi gurants et les techniciens pensaient tourner dans une banale histoire policière et ignoraient qu’il s’agissait en réalité d’un fi lm sur la lutte contre les Nazis. Grâce au montage et au travail de post-synchronisation, le véritable scénario a pu apparaître au grand jour. Le film est sorti immédiatement après la fin de la guerre, à peine les oppresseurs avaient-ils tourné les talons.

Didier De Neck (31.12.1950)

Comédien, metteur en scène

Après des études de droit et de criminologie, il co-fonde en 1978 le Théâtre jeune public de Galafronie avec sa compagne, Marianne Hansé et Jean Debefve. Collaborateur permanent depuis sa création, il fait vivre la plupart des spectacles en tant que co-auteur, comédien ou metteur en scène. Le 41 de la rue des Coteaux devient aussi un endroit où de jeunes destins se jouent. Dénicheur de talents et facilitateur de rêves, Didier De Neck est quelqu’un qui permet au théâtre de donner la pleine mesure de son pouvoir épanouissant. Celui qui a joué dans le 8e jour ou Toto le Héros de Jaco Van Dormael et travaillé avec des pointures comme Frédéric Fonteyn consacre aussi une part de son énergie à l’accompagnement des plus jeunes dont Mourade Zeguendi (Les Barons). Grenstraat 41 rue de la Limite, L’Hafa, Lost Cactus lui doivent beaucoup. Il enseigne aussi la scénographie à La Cambre et à Saint-Luc.

Sébastien de Raet (12.02.1928)

Journaliste, député

Né rue de la Limite, il a passé son enfance et fait ses classes à Saint-Josse. Après un passage volontaire à la British Army, il embrasse une carrière de journaliste (DH, Le Pourquoi Pas ?, Le Peuple et d’autres) qui l’occupera durant 50 ans. Cousin d’André de Raet, ancien échevin de Saint-Josse, il se lance dans la politique. Il sera député de 1988 à 1991. Un autre aspect de sa personnalité a marqué Saint-Josse : sa passion pour le ballon ovale. Il joue au rugby depuis ses 20 ans et fonde le BUC Saint-Josse (Bruxelles Université Club) en 1964. Dans les années 70, il développe une section rugby au Lycée Cudell et celle-ci devient la première École de Jeunes du BUC. Fort de son expérience, il devient capitaine de l’équipe nationale et préside la Fédération belge de Rugby. Actuel Vice-président d’honneur du BUC, il a laissé sa place aux plus jeunes qui décrochent une très attendue montée en 1ère division en 2011.

Camille De Taeye (1938)

Peintre

Connu du grand public bruxellois grâce à son Cheval d’octobre, une oeuvre de 24m sur 3 que l’on peut admirer à la station de métro Eddy Merckx, on peut le qualifi er de peintre post-moderniste, réaliste et surréaliste. De Magritte, on retrouve des traces d’étranges associations et d’Ensor le goût des squelettes, comme on peut le voir sur cette toile qui représente un crâne et une boîte de crème Nivéa. Il a étudié à Saint-Luc et enseigne aujourd’hui à La Cambre mais cet artiste reconnu a déjà été exposé dans des musées et des foires du monde entier. En avril 2009, le Botanique lui consacra une exposition Ou l’envers de l’abîme. Son lien avec Saint-Josse ? Il a travaillé à la cité d’artistes Mommen où il figure parmi les lettres de noblesse aux côtés du peintre allemand Jörg Madlener qui vit aujourd’hui à New York, d’Edith De Vries ou Wout Hoeboer, qui ont également travaillé aux Ateliers Mommen dans les années 70.

Michel Delabaye & Myriam Goemine (1938 & 1952)

Habitants

Ils habitent au square Armand Steurs qu’ils couvent de leurs soins attentifs, au point que parfois, le joli square semble prolonger leur propre demeure. Au sein de l’asbl Les Amis du Square Armand Steurs, ils organisent des visites guidées chaque été, permettant aux curieux et aux touristes de partager leur passion. Les amateurs d’art apprécieront également l’exposition de sculptures qu’ils organisent chaque année au mois de septembre et qui est très probablement une des seules expositions organisées dans un jardin public à Bruxelles. De très bonne facture, cet événement culturel attire l’attention sur ce petit bijou de verdure paisible et discret.

Francine Delépine (27.11.1948)

Conservatrice du Musée Charlier (1989 - 2008)

Après une carrière dans le secteur judiciaire où elle fut assistante de police et déléguée permanente au Tribunal de la Jeunesse, les Tennoodois se souviennent qu’elle anima le Foyer culturel de Saint-Josse-ten-Noode et la bibliothèque communale. Elle eut une activité éditoriale intense puisqu’elle anima deux revues communales (Stress, le journal du foyer culturel et Kiosk). Enfin, de 1989 à 2008, elle dirigea le musée Charlier en le tournant résolument vers l’avenir et en lui donnant une nouvelle impulsion. On se souviendra des grandes expositions Guillaume Vogels, Jacob Smits, Amédée Lynen ou Guillaume Van Strydonck pour n’en citer que quelques-unes mais aussi des concerts de midi aux bougies et de nombreuses conférences de qualité.

Michel Deligne (22.01.1938)

Libraire, éditeur

En 1972, Michel Deligne a ouvert sa Curiosity House, la première librairie bruxelloise dédiée à la BD ancienne. En près de 40 ans, il a constitué une collection de 100 000 pièces, un patrimoine inestimable qu’il dut déplacer de Saint-Josse à Koekelberg en 2008, pour cause de pression immobilière. L’adresse de la rue Braemt était connue dans le monde entier des bédéphiles et un déménagement de 7 mois, crise financière  aidant, lui fit perdre près de 60 % de sa clientèle. Outre cette véritable caverne d’Ali Baba, il est aussi à l’origine du Curiosity Magazine et de la Chambre belge des experts de BD. Le pionnier de la réédition de BD en Belgique est un expert incontestable mais aussi un passionné qui fonctionne au sentiment, comportement pas toujours compatible avec le business. Cet homme de coeur détient aussi des trésors comme des fresques, des dédicaces et des planches originales.

Joseph Delmelle (1915 - 1986)

Poète

Dans la première partie de son oeuvre, il s’est inspiré de son milieu de travail. Receveur aux Tramways bruxellois, puis commis de direction avant de devenir correspondant de presse aux relations publiques de
l’Intercommunale (STIB), ses premiers vers sont nés de la vie quotidienne de la ligne, avec un côté un peu bringuebalant dans le rythme. Il publiera au total une douzaine de recueils de poésies inspirées de l’enfance et de la nature. Il remporta plusieurs prix. Sa prose fut également abondante et comprend des monographies consacrées à des peintres, des études sur la géographie littéraire des principales régions belges et des livres documentaires comme une Histoire des tramways et vicinaux belges. Né à Jambes, il vécut longtemps à Saint-Josse, jusqu’à la fin de sa vie.

Jean Demannez (15.02.1949)

Bourgmestre (1999-2012)

Ancien bourgmestre de Saint-Josse et membre du parti socialiste. Il a présidé à la Société intercommunale des eaux (Vivaqua) de 2000 à 2006 et est aussi récemment devenu Président du CA du Botanique. Né en 1949, Jean Demannez a exercé des fonctions d’Échevin de 1978 à 1999, date à laquelle il succède à Guy Cudell. Il a également été député régional bruxellois de 1989 à 2001. Outre ses activités politiques, il est connu pour son amour de la musique et plus précisément du jazz. Il s’est lancé à cet effet dans un projet d’un lieu culturel dédié au jazz dans le cadre d’une réhabilitation de l’ancienne gare de la chaussée de Louvain, la Jazz Station qui a ouvert ses portes en 2005. Il organise chaque année le Festival Saint-jazz-ten-Noode au mois de septembre, qui accueillit Toots Thielemans en 2010 à l’occasion de la 25e édition. Au chapitre des réalisations, citons également le sauvetage de la Cité d’artistes Mommen et l’ouverture de la salle des sports Liedts.

Roland Denaeyer & Colette Van Poelvoorde (1930 & 1931)

Graphiste, Peintre

Son travail de dessinateur s’organise à partir de papier d’emballage, si possible déchiré, des partitions musicales ou d’anciens carnets de compte qu’il habite ensuite de ses logogryphes (images de l’écriture) et de ses traits brossés d’encre de Chine. En 2009, il expose à la Galerie 18+1 de Saint-Josse, avec son épouse Colette Van Poelvoorde qui est peintre. Ensemble, ils produisent une oeuvre à quatre mains, riche et originale. En 2006, il publie Bruxelles, sous les tabatières de zinc, où 29 de ses dessins illustrent des textes teintés de nostalgie signés Pierre Puttemans. Quelques happy few détiennent l’un des 20 exemplaires de Toute la mer va vers la ville, un petit bijou d’images illustrant les textes d’Emile Verhaeren. Ce travail éditorial a démarré il y a une quinzaine d’années, lorsque Roland Denaeyer prend sa pension après une carrière de 35 ans dans l’enseignement.

Christophe Dessouroux, « Mister Emma » (13.11.1969)

Producteur

Passionné par la lucarne depuis l’enfance, Christophe ne se décourage pas devant les portes closes de la RTBF et crée sa propre société de production en 1998. Son émission Les Nuits de la pleine lune sera diffusée lors des treize pleines lunes de 1999 sur Arte. Depuis 2006, Archi urbain débarque sur Télé Bruxelles ; la 100e émission donnera l’occasion d’un colloque sur l’avenir du quartier européen en mars
2009. Pour tout savoir sur l’actu people, artistique et les nouvelles tendances qui agitent Bruxelles, son site Mister Emma est devenu incontournable. Lancées en 2004, à l’heure où la vidéo n’est pas encore très présente sur la toile, ses interviews people convainquent quelque 10 000 internautes chaque mois. Le ton est iconoclaste et léger mais qu’on ne s’y trompe pas, il y a là tous les germes de la télé de demain.  Habitant de Saint-Josse, il s’investit aussi dans la TAG.

Khadidiatou Diallo (10.08.1955)

Militante

Excisée à 7 ans et mariée de force à l’âge de 12 ans à un homme de 40 ans, Khadidiatou Diallo a décidé de se battre jusqu’à son dernier souffle pour que les femmes ne subissent plus la barbarie des mutilations génitales, encore très pratiquée en Afrique sub-saharienne et dans la péninsule arabique. Sa ténacité lui a permis de survivre et de quitter son Sénégal natal. Arrivée en Belgique, elle refait sa vie, apprend à lire et à écrire et fonde en 1996 le GAMS (Groupement d’hommes et de femmes, européens et africains, qui luttent pour l’abolition des mutilations génitales féminines et le mariage forcé), basé à Saint-Josse. La Belgique est aussi concernée, essentiellement par le biais des primo-arrivants, et l’association suit quelque 200 femmes excisées chaque année, en proposant consultations  gynécologiques et suivi psychologique. Mme Diallo figure parmi les 100 femmes d’exception 2011 en Belgique.

Eduardo Diaz Santo (11.11.1963)

Architecte d’intérieur

Habitant de la Tour Pacific, il est un fervent partisan de la vie à la verticale. Cubain d’origine, il arrive en Belgique en 1997 avec un diplôme de gradué en construction en poche et acquiert la nationalité belge un peu plus tard. Grâce au CPAS, il saisit l’opportunité de suivre des études à Saint-Luc où il décroche un diplôme d’architecte d’intérieur alors qu’il parle à peine le français au départ. Aujourd’hui, il travaille sur les projets de réseaux de métro à Bruxelles Mobilité en tant qu’agent de la STIB détaché à la Région. En 2009, Eduardo lance un blog Saint-Josse-ten-Noode Panorama où il réagit contre les clichés véhiculés sur
la commune. L’idée est de montrer, images à l’appui, le vrai visage de cette commune : toujours multiple, très souvent inattendu. Son blog connaît 2 000 visites chaque mois. Il y publie régulièrement de belles photos qu’il prend du haut de son 22e étage.

Hubert Dradin 1927- 201x)

Echevin (1973 - 2001)

Encore une figure connue à Saint-Josse, Hubert Dradin a été échevin durant 28 années à Saint-Josse, d’abord en remplacement de Jean Mardulyn en 1973 puis des élections de 1976, en même temps que Jean Demannez, et jusqu’au décès de Guy Cudell, en 1999. Il a surtout été actif au niveau des travaux publics. Après sa disparition, il n’a plus souhaité se représenter. Mais les affaires publiques locales l’intéressaient depuis plus longtemps puisqu’il était déjà conseiller communal depuis 1959. On lui doit le fait que les splendides jardins du Botanique aient été ceints de belles grilles et il a également veillé à protéger le square Armand Steurs en le dotant de hautes grilles, accentuant le côté écrin de cet espace  vert, si précieux à Saint-Josse. Hubert Dradin fut également administrateur aux HBM (Habitations Bon Marché) jusqu’en 2001. En 2009, il reçut le titre d’échevin honorifique.

Yvonne du Jacquier (1904 - 1994)

Conservatrice du Musée Charlier (1961 - 1969)

De son vrai nom Emma Lefebvre, elle était entrée comme sténo-dactylographe à la commune en 1926, avant de devenir secrétaire du bourgmestre. Autodidacte, elle milita notamment pour un meilleur statut des femmes. Année après année, elle gravit les échelons de l’administration jusqu’à occuper la fonction d’archiviste communale (1958-1960) et de conservateur du musée Charlier (1961-1969). Il semblerait que ce soit cette ascension sociale qui l’ait motivée à changer de nom. On lui doit de nombreux articles évoquant l’histoire de la commune qui ont été rassemblés dans deux ouvrages qui restent des références : Saint-Josse-ten-Noode au 19e siècle (1960) et Saint-Josse-ten-Noode au temps des équipages (1963). Membre de l’Association des Conférenciers de Belgique, elle donna plus de 200 conférences dans tout le pays. On lui doit également des romans comme Intermezzo et Devant la vie.

Albert Dupuis (1877 - 1967)

Compositeur

Il résida à Saint-Josse à la fin de sa vie, de 1953 à 1967. Orphelin à 15 ans, il travaille comme répétiteur au Grand-Théâtre de Verviers tout en poursuivant ses études. Élève brillant, il a 18 ans quand son premier opéra comique est créé. En 1903, il remporte le Premier Grand Prix de Rome belge (distinct du prix français) avec sa cantate La Chanson d’Halewyn et le 5 mars a lieu la première de son opéra  Jean-Michel à la Monnaie. Nommé chef d’orchestre du Théâtre de Gand en 1905, il se retire la saison achevée pour se consacrer à la composition. En 1907, le conseil communal de Verviers lui propose le poste de directeur du conservatoire, il l’accepte et l’occupera jusqu’à sa retraite en 1947. De son vivant, ses oeuvres rencontrent un certain succès à Bruxelles et dans les grandes villes de Belgique et de France, en particulier son opéra La Passion, représenté plus de 150 fois à la Monnaie.

E

Mohamed El Baroudi (1935 - 2007)

Philosophe

Il quitte sa Casablanca natale en 1966 pour la Belgique, à l’époque d’une arrivée massive de marocains à Bruxelles. Inscrit à L’ULB, il est un élève assidu d’Armand Abel, spécialiste de la culture arabe et islamique. En qualité d’enseignant de langue arabe et de culture universelle, il organise, en Belgique, une base destinée à faire connaître sa culture d’origine à ses compatriotes et à accentuer la connaissance de  leur langue maternelle. Il instaure une structure d’accueil à l’intention des migrants pour qu’ils gardent des attaches avec leur pays d’origine. Ce philosophe militant encourage l’interculturalité via la coopération entre les cultures marocaine et belge.

F

Tuur Florizoone (25.11.1978)

Accordéoniste

« L’accordéon, c’est comme une danse avec quelqu’un de très proche … Il est collé sur ta peau, sur ton coeur, tu ressens physiquement les basses. » Quand Tuur Florizoone parle de son accordéon, ses yeux pétillent. Pianiste de formation, il est passé à la version à bretelles du piano par hasard. Lors d’un voyage en Hongrie avec une troupe de cirque, il achète son premier accordéon sur un coup de tête. Il a 14 ans et c’est parti ! A 17 ans, il part travailler au Brésil dans une association et découvre la puissance de la musique dans la culture brésilienne. Il cherche à comprendre le rôle de la musique dans les rapports humains et explore tout le potentiel de son instrument de prédilection. L’accordéon permet de jouer où on veut et quand on veut mais c’est au piano qu’il compose. Il est membre de l’association Les Lundis d’Hortense et se produit régulièrement à la Jazz Station.

Emile Fourcault (1862 - 1919)

Ingénieur

Né à Saint-Josse, cet ingénieur est typique du développement industriel de la Belgique du 19e siècle. Il est l’inventeur de l’étirage du verre à vitre. En 1901, il dépose un premier brevet avec Emile Gobbe et la première machine d’étirage voit le jour à Dampremy. Le verre est transparent mais gondole. Il dépose ensuite un autre brevet et parvient à étirer des feuilles de verre d’un mètre de large et d’une épaisseur uniforme, pouvant varier entre deux et huit millimètres, aux glaceries de Jeumont. En 1912, la SA des Verreries de Dampremy produit 8 millions de m3 de verre étiré. Après la guerre, la production de son usine est arrêtée et il meurt l’année suivante. Mais la verrerie wallonne profi tera de son invention et pourra continuer à soutenir la concurrence avec les États-Unis qui avaient eux aussi adopté un procédé analogue de fabrication.

Henri Frick (1850 - 1930)

Bourgmestre (1900 - 1926)

Il fut bourgmestre pendant près de 30 ans à Saint-Josse, au moment de la 1e guerre mondiale, période particulièrement diffi cile. Il reste de lui l’image d’un homme digne et respecté, bien connu dans les milieux administratifs, littéraires et artistiques. Comme Bourgmestre, il continua les grandes entreprises commencées par ses prédécesseurs. Ayant l’esprit d’initiative, intelligent et convaincu, il montre un zèle et un dévouement à toute épreuve en faveur des intérêts de Saint-Josse. Il avait aussi le sens de l’humour… « Sire, Par ma bouche, les 30 000 habitants de cette commune souhaitent la bienvenue à Votre Majesté » fut le discours qu’il prononça à la gare du Nord pour accueillir le Roi Albert Ier. Il reçut des félicitations du Palais car le Souverain appréciait les discours succincts.

G

George Garnir (1868 - 1939)

Journaliste, écrivain

George Garnir est né en 1868 à Mons. Bruxellois d’adoption, il s’installe à Saint-Josse dès 1885 et y passera toute sa vie. C’est en 1910 qu’il fonde avec Léon Souguenet et Louis Dumont-Wilden le célèbre hebdomadaire Pourquoi Pas ? si cher au coeur des bruxellois. Poète, dramaturge, revuiste et romancier, George Garnir nous a laissé une cinquantaine d’ouvrages tantôt tendres, tantôt humoristiques sur le terroir condruzien (Les Charneux, Les Dix Javelles) mais aussi sur les moeurs bruxelloises (Le Conservateur de la Tour noire) ainsi que la très recherchée  trilogie Zievereer, Krott & Cie., Architek illustrée par Amédée Lynen et Gustave Flasschoen. Ceux-ci travaillèrent aussi longtemps pour le regretté hebdomadaire où naquirent les fameux Dialogues de la Semaine de Léon Crabbé, alias Virgile.

Noël Godin, « L’entarteur » (13.09.1945)

Agitateur, humoriste

Georges Le Gloupier a inventé une forme de terrorisme d’une efficacité redoutable, médiatique en diable et totalement pacifi que : l’entartage. Cet habitant discret de Saint-Josse est connu dans le monde entier car il a bien évidemment fait des émules et est à l’origine de l’Internationale pâtissière. Il aurait démarré ces activités en 1968, probablement sans se douter de l’impact incroyable que ses attentats auraient sur les esprits. Marguerite Duras a été sa première victime et depuis, de très nombreuses personnalités ont été entartées comme Nicolas Sarkozy ou Bill Gates. Il s’en prend parfois même à des gens qu’il admire comme Jean-Luc Godart. Il voyait dans Je vous salue Marie une apologie de l’église. Ce sera une des rares victimes à réagir avec intelligence ; d’autres comme BHL n’ont semble-t-il toujours pas compris… On lui doit une dizaine d’ouvrages dont Crème et châtiment.

Marc Grauwels (01.04.1954)

Flûtiste

Marc Grauwels est incontestablement aujourd’hui l’un des flûtistes belges les plus en vue. Son éclectisme, comme soliste international, a amené de nombreux compositeurs du monde entier à écrire pour lui ou à l’associer à la création de leurs nouvelles pièces. Il est également « Endorser » pour le célèbre constructeur de fl ûtes japonais Miyazawa. Marc Grauwels n’hésite pas à multiplier les  expériences musicales les plus diverses et fait volontiers alterner Piazzolla avec Mozart, Bach avec Ravi Shankar… Il a participé à la réalisation de la bande son du film  Amadeus de Milos Forman et à l’intégrale de l’oeuvre de Mozart, grand succès commercial. Avec un minimum de 100 concerts par an dans le monde, plus de 15 000 pages sur le Web et une discographie de 60 Cds comme soliste, Marc Grauwels prouve qu’un flûtiste peut connaître un formidable succès public.

H

Hugues Hausman (21.05.1970)

Comédien, réalisateur, dessinateur

Les enfants le connaissent s’ils ont assisté à des spectacles du Théâtre du Papyrus ou regardé l’émission de la RTBF Ici, Bla-Bla entre 1996 et 2010. Si « Hugues Hausman vous dit que tout va bien », il donne envie de le croire, avec son humour noir et convaincant. Curieux et touche-à-tout, outre ce one-man-show qu’il reprend de temps en temps, il réalise des courts-métrages dont The Twice-AMonth
Gang qui a remporté le 1er prix au Festival International du Film Indépendant de Bruxelles en 2001. Son premier long, Bonne année quand même !, est une comédie noire et décalée, produite par RTL-TVI, une première dans le paysage audiovisuel belge ! Il dessine aussi mais là, faut dire qu’il est tombé dans la marmite, petit. Son père, son grandpère et son beau-père étaient tous dessinateurs…

Famille Hayoit (1898)

Fournisseur de la Cour

Créée en 1898, la maison Hayoit est le spécialiste du linge de maison, fournisseur de la Cour. Une entreprise familiale par excellence qui du haut de son siècle d’expérience et son stock de 10 000 références, représente une véritable institution. La maison située à la chaussée de Louvain est un très bel immeuble Art Déco, typique de l’entre-deux guerres.

Jacques Hislaire (01.12.1930)

Journaliste, écrivain

Il est surtout connu comme critique théâtral, au point d’être devenu une référence majeure de la scène bruxelloise. En 2005, il publie aux Editions du Passage à Saint-Josse une chronique des théâtres  bruxellois qui démarre en 1943 et dans laquelle il se laisse surtout guider par ses coups de coeur. Il s’émerveille de ce que la deuxième ville théâtrale francophone au monde propose une offre aussi  abondante et accessible à pied. Il a aussi été journaliste à la Libre Belgique où il est entré en 1954 pour devenir chef de la section politique en 1980 avant de superviser les pages culture jusqu’en 1992. On lui doit aussi des pastiches politiques comme J’ai vu mourir la Belgique, publié en 1990 ou des satyres comme Femmes savantes rue de la Loi. Son fils Bernard n’est autre que le fameux Yslaire, l’auteur de la mythique BD Sambre.

Wout Hoeboer (1910 - 1983)

Peintre

Il se forme à l’académie de Rotterdam et plusieurs voyages en Allemagne le font adhérer aux idées du Bauhaus. Il travaille dans plusieurs entreprises de graphisme dès 1924 et expose ses premiers reliefs et collages en 1927. Après la guerre, il devient dadaïste et il est proche des surréalistes comme Christian Dotremont, Marcel Broodthaers, Pol Bury ou l’écrivain Marcel Mariën. Il entretien des contacts avec le fameux réseau artistique CoBrA et plus tard, dans les années 50, avec Arte nucleara en Italie. Artiste mille-pattes, il s’exprime au travers de performances, en illustrant des magazines ou encore en jouant dans les films avantgardistes de l’époque. Des années 1976 à sa mort, il sera lié aux Ateliers Mommen.

Jacques Huisman (1910 - 2001)

Metteur en scène

Ingénieur de formation, il va s’orienter vers l’univers théâtral qu’il ne quittera plus. A la fin de la seconde guerre mondiale, le Gouvernement belge lance un appel à projet visant à promouvoir une offre théâtrale de qualité. Le Théâtre National voit le jour en 1945 et Jacques Huisman le dirigera avec une passion sans faille 40 ans durant. Il admirait des auteurs comme Arthur Miller dont il a monté une pièce en pleine tourmente maccarthiste mais aussi Bertolt Brecht et Dario Fo qui vient en personne assurer la création d’une pièce très critique envers l’Amérique. Outre la direction du théâtre, il assure aussi la mise en scène d’une centaine de pièces En 1959, il reçut l’Ève du Théâtre pour La Chasse aux sorcières. Jusqu’à sa mort, il fréquenta les salles à l’affût de nouveaux talents.

I

Patricia Ide & Michel Kacenelenbogen (1957 & 1960)

Comédiens

Deux comédiens, couple à la ville, ont fait le pari un peu fou de fonder un nouveau théâtre dans la  capitale qui en compte déjà 80. Après avoir rassemblé des fonds durant dix ans, le théâtre Le Public voit le jour en 1994 à Saint-Josse, dans une ancienne brasserie. Autofi nancé les premières années, puis soutenu par la Communauté française, le nouveau théâtre est aujourd’hui une référence culturelle bruxelloise. Quelque 500 spectateurs s’y pressent chaque soir. Leurs expériences artistiques au sortir du conservatoire et dans le monde de la communication leur ont permis d’être attentifs à des tas de détails dans l’accueil du public ; ils ont même pensé au baby-sitting pour que les jeunes parents puissent profiter de leur programmation. Le 1e prix de Conservatoire en 1981 et le Manager de l’Année en 1988 (Michel Kacenelenbogen) prouve qu’art et business peuvent parfois faire bon ménage.

J

Pascale Jamoulle (23.08.1961)

Anthropologue

Pascale Jamoulle est anthropologue, licenciée en lettres, assistante sociale, et chargée de cours et de recherches au Laboratoire d’anthropologie prospective de l’UCL et au service de santé mentale Le Méridien. Elle a publié Des hommes sur le fil (2008), La Débrouille des familles (2002) et Drogues de rue (De Boeck). En 2009, après trois années d’enquête dans le quartier « chaud », elle publie un ouvrage  sensible sur les publics fragiles comme les prostituées mais également les femmes sans-abris amenées à vivre leur sexualité dans la rue, dans des conditions souvent très violentes. La rigueur scientifique de son
travail n’empêche nullement une approche fine et humaine sur ces questions difficiles. Elle aborde avec respect mais sans faux-fuyant des questions parfois taboues. Son enquête Fragments d’intime offre un éclairage édifiant sur un quartier qu’on aurait tendance à ignorer.

Claude Javeau (1940)

Sociologue

Ingénieur commercial de formation, il fut recruté un peu par hasard à l’Institut de Sociologie de l’ULB. Par affinité avec la branche et par ses bonnes relations avec Henri Janne, le grand professeur de sociologie de l’époque, Claude Javeau poursuivra sa carrière dans cette voie. Il deviendra, à la suite de Henri Janne, le directeur du Centre de sociologie générale de l’ULB au début des années 80. Claude Javeau est également connu pour sa gouaille naturelle et son goût de la provocation. On lui doit une quinzaine d’ouvrages comme Prendre le futile au sérieux ou l’Eloge de l’élitisme. A Saint-Josse, il préside le Centre culturel arabe qui organise des cours de langue et de calligraphie mais aussi des conférences et des expositions visant à rapprocher les cultures arabe et européenne.

René Julien (18.06.1937)

Sculpteur

Né à Hollogne-sur-Pierres, il étudie à l’Académie de Liège avant de s’installer à Bruxelles. Il crée alors des vitraux et des fresques, avant de réaliser, en 1968, ses premières sculptures de bronze patiné.
Depuis, René Julien est exposé un peu partout en Europe. A Bruxelles, on peut admirer ses oeuvres devant le Berlaymont, le Parlement bruxellois ou à l’aéroport de Zaventem… et devant la maison  communale de Saint-Josse-ten-Noode ! Son travail est très identifiable par ces figures féminines ingénues et très semblables les unes des autres, comme une sorte de muse qui l’accompagnerait. Elles sont aussi vivantes et espiègles au point que personne ne s’étonnerait de voir une statue de René Julien se mettre à rire. Il vit depuis plusieurs années près de Cavaillon où il a aussi son atelier mais à Saint-Josse, il dirigea l’Académie des Beaux-Arts.

K

Marc Kissous (1951)

Entrepreneur

Lorsqu’il arrive en Belgique, vers 21 ans, il se lance très rapidement dans le secteur du textile, au départ de la petite société de boutons de ses parents. Sans avoir fait d’études, il apprend à l’école de la vie. L’enseigne Dod est aujourd’hui connue dans tout le pays, emploie plus de 300 personnes et compte une vingtaine de magasins. Ces trois lettres signifient « tonton » en hébreu et sont à l’origine de ce concept original de vente de déstockage de grandes marques. Les premières à lui avoir fait confiance à l’époque étaient In Wear et Matinique mais depuis, les magasins de la chaussée de Louvain sont devenus de véritables cavernes d’Ali Baba remplies de griffes prestigieuses à prix réduit. La formule a séduit et le concept s’est étendu aux vêtements pour homme et pour enfant, aux chaussures et à la lingerie. Toujours à l’affût et prêt à se remettre en question, Marc Kissous maintient son navire sur le bon cap.

L

Jean-Michel Lambermont (15.02.1951)

Médecin généraliste

Jean-Michel Lambermont est certainement emblématique d’un nouveau way of life en ville. Vivre et travailler dans la même rue, voilà déjà une solution simple pour résoudre les soucis de mobilité. Il travaille à la Maison médicale Botanique inaugurée en 2010 dans ses nouveaux locaux de l’ensemble 17-21 de la rue Traversière. En 2009, son immeuble figure parmi les « bâtiments exemplaires » de la Région. Sa maison unifamiliale étant devenue trop grande pour une vie de couple, il l’a transformée en trois appartements dont deux sont loués en logements sociaux via l’AIS (l’Agence immobilière sociale) qui a également collaboré au projet complet de rénovation. Il occupe toujours le rez-de-chaussée où il a maintenu un espace professionnel. Mixité sociale, performances énergétiques et mobilité douce, un trio gagnant et particulièrement adapté au profil de Saint-Josse.

Jos Laporte (1949)

Historien

Ses parents tenaient une épicerie-crèmerie à Saint-Josse et depuis, ses liens avec la commune ont toujours été très étroits. Il présida le Conseil d’administration du centre culturel flamand Ten Noey pendant de longues années. En 1971, il devient secrétaire du Vlaamse Vereniging voor Familiekunde (association flamande de généalogie) de Bruxelles qu’il présidera de 1982 à 2005 pour devenir ensuite Président d’honneur. Passionné d’histoire et de généalogie, il milite aussi pour le bilinguisme à Bruxelles et défend la culture flamande avec conviction. Dans la galerie de portraits, Jos Laporte figure également parmi les « bouilles » connues de Saint-Josse.

Jean Leclercqz (06.11.1955)

Graphiste, galeriste

Jean Leclercqz a d’abord passé quelques années en Louisiane comme professeur de français avant d’entamer sa carrière de graphiste en Allemagne auprès d’un observatoire d’astronomie européen. Il parcourt ensuite tous les continents dans le cadre de ses activités dans l’industrie graphique. Il poursuit aujourd’hui ses activités à Saint-Josse où il a installé sa société de communication Altitude. Par ses voyages mais aussi dans son travail, l’altitude, l’espace et l’aviation sont des thèmes qui se sont imposés petit à petit, naturellement. La première Machine Volante « Flying machine » est apparue un peu par hasard lors de la conception d’un logo pour un programme européen relatif à la navigation aérienne. Depuis lors, 200 Machines Volantes plus délirantes les unes que les autres ont vu le jour. Il a déjà exposé au Cinquantenaire et en octobre 2011, il sera à l’Accessible Art Fair de Vienne.

Thibault Lenaerts (22.07.1969)

Musicien, chanteur

Ce discret bruxellois habite la commune depuis le début du nouveau millénaire. Il se présente comme un musicien avant tout même si, de formation, il est chanteur ténor. Conférencier au Conservatoire royal de Bruxelles, Thibaut Lenaerts participe à la grande réforme de l’enseignement artistique supérieur en ommunauté française. Avec Le Petit Sablon, il offre aux élèves tant instrumentistes que chanteurs une opportunité d’exercer leur art dans de bonnes conditions. On le retrouve sur de nombreuses scènes  d’opéra en Europe et il a chanté partout dans le monde. Il travaille avec des metteurs en scène tels que Robert Carsen, Frédéric Dussenne ou Déborah Warner… Thibaut Lenaerts enseigne aux Conservatoires  Royaux de Bruxelles et de Liège. Il a participé à une trentaine de Cds et organisé un audacieux concert de musique baroque à l’église de Saint-Josse en 2010.

Léopold Lenders, « Pol » (1905 - 2000)

Promoteur de Jazz

Léopold Lenders, dit Pol est une authentique figure du folklore bruxellois. Fils d’une marchande de fleurs de la place Rogier, il devient « portier » dans les principales boîtes branchées des années ‘60 pour se  lancer ensuite dans l’ouverture de boîtes de jazz : Carton Club, Victory Club, Pol’s Jazz club, Bierodrome. Il a fait jouer les plus grands noms du blues et du swing. On a écrit de lui « Il s’est eng… avec tout le monde et brouillé avec personne ». En 1991, il remet le Bierodrome, part pour la première fois aux Etats-Unis et découvre la Nouvelle-Orléans.

Cynthia Loemij (1969)

Danseuse

Membre de la Compagnie Rosas dirigée par Anne Teresa De Keersmaeker, Cynthia Loemij commence la danse vers 10 ans, notamment en prenant des cours de danse latino-américaine et de danse de salon. Elle obtient un diplôme de professeur de danse du conservatoire de danse de Rotterdam en 1991. Elle devient alors un membre permanent de la Compagnie Rosas au début des années 1990. Dès lors, elle est de pratiquement tous les nouveaux spectacles d’ATDK et devient une figure essentielle de la compagnie. Elle participe également au film de Thierry De Mey Prélude à la mer (2010) mêlant une chorégraphie de De Keersmaeker aux problèmes écologiques entourant la mer d’Aral. La même année, elle fonde avec Mark Lorimer, un autre danseur de Rosas, le projet chorégraphique OVAAL qui présente sa première création Intimate. Cynthia Loemij est également enseignante au sein de l’école P.A.R.T.S. à Bruxelles et habite Saint-Josse.

Michel Lombet (1959 - 2008)

Photographe, cinéaste, peintre

Ses premiers pas dans l’image se font tout d’abord à travers la photographie, il utilisera ensuite d’autres médias et supports comme le cinéma, la vidéo et la peinture. Michel Lombet a réalisé plusieurs courtsmétrages primés dans les festivals internationaux. En peinture, il était avant tout fasciné par la lumière et la couleur des impressionnistes et des fauves. Ses toiles refl ètent son « positivisme ». Artiste passionné, enthousiaste et infatigable, il a animé des ateliers de réalisation vidéo au Centre Multimédia de Saint-Josse et transmis son talent et sa passion auprès de nombreux jeunes. Le prix de la meilleure  réalisation du Festival du film indépendant porte son nom.

Amédée Lynen (1852 - 1938)

Peintre, caricaturiste

Après le décès de l’artiste Amédée Lynen, né à Saint-Josse, la partie sans issue de la rue Charles VI est rebaptisée rue Amédée Lynen. En 1963, cette rue est prolongée et rejoint la rue Saint-Josse. Amédée Lynen, élève des lithographes Lauters et Stallaert à l’Académie de Bruxelles, acquiert la notoriété en tant qu’illustrateur de revues artistiques et de livres, tels que la Légende de Thijl Uilenspiegel de Charles De Coster. Ce dessinateur et aquarelliste de scènes populaires est à la fois typographe et concepteur  d’ex-libris et d’affiches. Il co-fonde le cercle artistique L’Essor et est actif dans diverses associations d’aquarellistes. Dans ses dessins, Lynen fait revivre « la vie d’autrefois » par une technique mixte. Ses études peintes à l’huile montrent des tableaux très fi dèles de bienfaisances pendant la première guerre mondiale.

M

Thierry Martens, « Yves Varende » (1942 - 2011)

Auteur de BD

Sous son pseudonyme Yves Varende, il a publié des études érudites sur le roman policier du début du 20e siècle. Celles-ci apparaissent en introduction de rééditions des aventures de Lord Lister et de Sherlock Holmes. Il est aussi l’auteur de romans de science-fi ction comme Les Gadgets de l’Apocalypse  en 1978 et deux ans plus tard, il rédige (en collaboration avec Henri Filippini, Jacques Glénat et Numa  Sadoul) une ambitieuse Histoire de la Bande Dessinée en France et en Belgique. Mais c’est probablement en tant que rédacteur en chef du journal Spirou qu’il est le plus connu. Il signait des pages sous d’autres pseudonymes encore, comme monsieur Archive, Thérence ou Al-Bomm. Il a longtemps habité Saint-Josse et y est décédé.

Pascale Missenheim (02.05.1965)

Conteuse

Pascale Missenheim détient un trésor qu’elle a mis trente ans à constituer. Toute jeune déjà, elle s’est  intéressée aux comptines (en français mais aussi en afghan, en polonais, en turc, en anglais ou en néerlandais…), ces chansonnettes qui traversent les générations. Très tôt, elle en a perçu le pouvoir  structurant et éducatif auprès des tout-petits. Aujourd’hui, elle en connaît des dizaines dans plein de langues différentes. Fille et petite-fille de cheminot dans une famille wallonne qui n’a d’alsacien que le nom, elle parcourt jeune l’Europe en train. C’est dans le sud de l’Italie qu’elle vit ses premiers chocs culturels. Comme une pompe amorcée à l’adolescence, la bougeotte va la poursuivre. Elle emmagasine de nombreuses expériences professionnelles qui élargissent la panoplie de ses animations : théâtre, psycho-motricité, contes, céramique… auprès des publics de l’asbl Eyad, chaussée de Haecht.

Adelkhalak Mkadmi (18.01.1978)

Entraîneur de Taekwondo, électro-mécanicien

Habitant de Saint-Josse depuis 1999, il est le fondateur de l’Institut de Taekwondo de Bruxelles. Electro-mécanicien dans une imprimerie bruxelloise en journée, il consacre son temps libre à son sport favori. Enseignant cet art martial dans les locaux de l’école Henri Frick, il apprend aux garçons comme aux filles ce sport de self-défense qui ne fonctionne qu’avec le respect d’autrui et une bonne hygiène de vie. Il accompagne les jeunes espoirs en compétition à travers la Belgique et l’Europe. Diplômé de l’ADEPS, arbitre national… Il a fait reconnaître son club par les principales institutions de Taekwondo. Cet ancien compétiteur infatigable s’est depuis quelques années tourné vers le coaching. Son rêve ? Emmener des élèves en compétition Olympique ! En attendant, il entraîne l’équipe fédérale et amène régulièrement ses élèves sur les 1ères marches des podiums.

Félix Mommen (1827 - 1914)

Ebéniste, mécène

En 1853, il fonde sa société spécialisée dans l’encadrement. En 1875, le magasin ainsi que les ateliers déménagent vers un complexe plus grand et plus moderne érigé par l’architecte Ernest Hendrickx (auteur
également de l’Académie des Beaux-Arts, rue Potagère) au 37 rue de la Charité à Saint-Josse. Il  commercialise une gamme de fournitures artistiques pour peintres, sculpteurs et dessinateurs et acquiert une réputation internationale au sein des cercles artistiques. En 1894, l’architecte Van Massenhove agrandit le complexe en bâtissant des ateliers où de nombreux artistes comme Meunier ou les frères Oyens vont travailler. En 1992, l’ensemble est protégé en raison de sa valeur historique et artistique. En 2006, la commune devient propriétaire de l’ensemble et le rénove, perdurant ainsi le lieu dans sa vocation initiale. 30 artistes y ont leur logement-atelier.

N

Binh Nguyen Van « VanBinh » (13.10.1965)

Sculpteur

En juillet 2010, l’Association des Professionnels Vietnamiens de Belgique adresse un courrier au Bourgmestre Jean Demannez avec une curieuse et touchante invitation. « Depuis longtemps, la communauté vietnamienne souhaite rendre hommage à la Belgique pour avoir accueilli sur son sol et aidé des milliers de réfugiés vie après les événements douloureux dans leur pays… nous sollicitons votre soutien pour l’accueil d’une oeuvre d’art symbolisant la réunion familiale et la solidarité. » La commune a été choisie pour son ouverture et sa multiculturalité... C’est ainsi que le 2 octobre 2010, la sculpture en métal Humanitude de l’artiste VanBinh a trouvé sa place dans le jardin du foyer européen. Au moment du placement sur la stèle, il y avait beaucoup d’émotion et ce moment insolite nous a semblé très caractéristique de Saint-Josse.

Christian Nicaes (1930 - 2010)

Sculpteur

Né à Saint-Josse à la rue de la Ferme, ce sculpteur est considéré par ses pairs comme un « grand », un maître. Discret et modeste, il est surtout question de lui sur la toile, dans les biographies d’autres artistes qui le citent, souvent en référence. Orfèvre et forgeron d’art, il passe des Arts et Métiers à l’académie pour parfaire sa formation. Damien Moreau qui expose avec neuf autres sculpteurs au square Armand Steurs dit de lui : « Simplicité des formes, force des matériaux, ampleur de la spatialité. Il avait tout compris. Nous avons tout à apprendre. » Amis, élèves ou collègues, ils ont partagé l’idée de dialoguer avec lui en exposant leurs oeuvres récentes, ce mois de septembre lors de l’exposition organisée dans ce bel écrin de verdure tennoodois. Celui qui défi ait les lois de la pesanteur pour donner à ses oeuvres des envies de s’envoler se voit ainsi doublement honoré.

Bruno Nicolini, « Bénabar » (16.06.1969)

Chanteur

C’est le nom de clown Barnabé qui, en verlan, a donné le nom de scène de l’auteur de Infréquentable. Cet album, vendu en 2008 à quelque 1 300 000 exemplaires propulse le chanteur au top des célébrités de la chanson française. Avec son sens aigu pour l’observation des petites choses du quotidien qu’il parvient à rendre avec un humour fi nement ciselé et un brin caustique, difficile de l’imaginer romantique. Et pourtant, le Venise de Bénabar, c’est Saint-Josse ! C’est ici qu’il a rencontré sa compagne de route et depuis, ils ont eu deux enfants. Citoyen d’honneur de la commune en 2009, il témoigne, un peu ému, de son attachement pour Bruxelles et pour Saint-Josse en particulier (il a habité quelques années dans sa jeunesse à la rue des Moissons).

O

Auguste Oleffe (1867 - 1931)

Peintre

Élevé dans un milieu modeste, il travaille comme artiste lithographe dans une imprimerie, après ses études à l’école de dessin à Saint-Josse. Il est - selon l’esprit du temps - sous l’emprise du réalisme social et après son mariage et déménagement à Nieuport en 1895, il peint de grandes scènes sombres de la vie des marins. Il rejoint le cercle d’art Kunst van Heden et fonde avec Thevenet, Schirren et Stobbaerts Le Labeur où le naturalisme et le post-impressionnisme sont intimement liés. Grâce à l’héritage de l’amateur d’art Van Cutsem, il achète en 1906 une maison à Auderghem où il peint, inspiré par Manet et Renoir, des scènes d’insouciance et domestiques dans des couleurs lumineuses. La Libre Esthétique l’invite plusieurs fois et son atelier est un lieu de rencontre pour les jeunes Fauvistes Paerels et Wouters. Dans les années 60, Saint-Josse instaure le Prix Oleffe pour les jeunes talents.

Piet Ools (14.12.1951)

Directeur de centre culturel

Il n’a jamais habité à Saint-Josse mais a passé une grande partie de sa vie à Bruxelles. Il dirige le centre culturel flamand de Saint-Josse, Ten Noey, depuis 1995. Le centre propose de l’information sur tout ce qui peut se faire dans la langue de Vondel mais il organise aussi lui-même une série d’activités, comme des cours de danse et de néerlandais. Ten Noey déploie ses activités dans le théâtre, la photographie et expose
aussi des artistes locaux. Chaque semaine, la table de conversation Babbelut réunit des gens qui parlent d’autres langues autour de la deuxième langue nationale. Piet veille aussi à ce que le Ten Noey s’inscrive en tant qu’acteur dans d’autres projets, plus importants, comme le nouveau contrat de quartier Liedekerke.
« Saint-Josse prouve qu’il est possible de vivre ensemble dans l’équilibre et j’ai envie de participer à ça. »

Benoît Otjacques (22.09.1957)

Restaurateur

Dépaysement garanti dans cet ancien magasin 1900, situé juste en face de la belle façade des magasins Hayoit et revisité façon harem. Le thé au harem d’Archi Ahmed était une institution à Saint-Josse, dont la réputation s’étendait dans tout Bruxelles. Le patron vallait à lui seul le déplacement et s’investissait dans la vie du quartier en s’improvisant avec un goût avisé organisateur d’événements culturels.

P

Jean-Claude Peto (18.10.1930)

Travailleur de rue

Lorsque la Revue belge de Sécurité sociale réalise une étude fouillée sur les indicateurs de pauvreté en Belgique et plus précisément sur le problème de la sousreprésentation des personnes pauvres dans les banques de données statistiques, on retrouve le nom de Jean-Claude Peto parmi les personnes ressources. Idem lorsque la Fondation Roi Baudouin se penche sur le travail de rue (publication de 1994). 35 ans de militantisme social, ça ne compte pas pour des prunes. Il avait créé à l’époque l’association Notre Village, bien inspiré dans le choix du nom car c’est une belle étiquette qui colle toujours à la peau de Saint-Josse. L’asbl a été scindée depuis et aujourd’hui, ce sont les deux associations La Ruelle et Inser’Action, toutes deux très actives à Saint-Josse, qui ont repris le flambeau.

Georges Petre (1874 - 1942)

Bourgmestre (1926 - 1942)

Georges Augustin François Petre est né à Saint-Josse-ten-Noode le 29 mai 1874 et sa disparition tragique au coeur de la période la plus sombre de notre histoire, en 1942, a marqué les esprits. Avocat de formation, il est élu conseiller communal à Saint-Josse en 1904, devient échevin de l’Instruction publique en 1913, puis bourgmestre à partir de 1926. Il était un haut dignitaire de la franc-maçonnerie et membre de l’Armée secrète. En 1942, il est démis de ses fonctions de bourgmestre, arrêté et détenu en otage. Il est assassiné le 31 décembre 1942 par un groupe de rexistes, collaborateurs de l’ennemi nazi. A noter que celui qui le remplaça en 1943 ne fi gure pas dans cette liste. Il y a là un choix tout à fait délibéré qui fait partie du travail de mémoire. Dans les archives, on retrouve qu’il travaillait tard, rentrait chez lui vers minuit, se concentrait encore sur ses dossiers jusqu’aux petites heures et qu’il aimait la présence de son chat dans ces heures silencieuses.

Pietro Pizzuti (11.07.1958)

Comédien, auteur, metteur en scène

Un diplôme en sociologie en poche, il poursuit ses études au Conservatoire Royal d’Art dramatique de Bruxelles. Il s’est voué corps et âme au théâtre, ne connaît pas de chapelle et on le voit sur la plupart des scènes belges, notamment au théâtre Le Public. En mouvement perpétuel, il observe et respire la poésie des mots. « J’ai une vie qui ressemble à ma ville. Un chaos organisé ». Au cinéma, il tourne pour Chantal Akerman, Marion Hänsel et les frères Dardenne. Chargé de cours dans plusieurs écoles  artistiques, il fut conseillé à la Maison du Spectacle – La Bellone et membre fondateur des Brigittines. A trois reprises, il sera couronné par le prix du Meilleur Acteur de théâtre. Il habite « à la limite » de Saint-Josse et est très impliqué dans le comité de riverains. Il est l’auteur de la très belle pièce L’Initiatrice où il aborde avec sensibilité le thème de l’excision.

Marie Popelin (1846 - 1913)

Avocate

Le combat d’une femme pour se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, prêter serment au Barreau de Bruxelles pour devenir avocate était tout simplement impossible. On retrouve dans les archives du Moniteur belge, un texte édifi ant qui stipule que les femmes, tout comme les mineurs, ne peuvent pas exercer le métier d’avocat. Les raisons invoquées sont hallucinantes. Ses études de droit, c’est à 37 ans que Marie Popelin avait décidé de les entreprendre alors qu’elle était directrice d’école. Elle devient la première femme docteur en droit de l’ULB en 1888 mais les portes du barreau lui resteront fermées malgré ses recours et elle ne pourra jamais exercer. En 1892, elle co-fonde la Ligue belge des droits des femmes. Les jeunes femmes qui terminent leurs études de droit aujourd’hui peuvent avoir une petite pensée pour elle lors de leur première plaidoirie. Elle aurait certainement apprécié.

Q

R

Henri Raemaeker, « Ramah » (1887 - 1947)

Peintre

Ramah est le nom d’artiste de cet autodidacte né à Saint-Josse. En 1909, il débute avec des gravures au Cercle Le Sillon. Il devient l’ami de Charlier, sculpteur et héritier universel du collectionneur Van Cutsem et rejoint les Fauvistes Brabançons. A partir de 1912, ses portraits colorés à l’huile, l’aquarelle ou à la gouache sont exposés à la Galerie Giroux, à côté des oeuvres de Wouters ou Bonnard. En tant que graveur, il illustre l’édition artistique de Les Villages Illusoires de Verhaeren et Uylenspiegel de Ch. De Coster. Influencé par Cézanne et son ami P. Maas, il peint des paysages constructivistes. Dans les années 20, il expose aux galeries Le Centaure et Sélection, les plus importantes pour les expressionnistes. Malgré la qualité de ses oeuvres, le public ne suit pas son évolution stylistique. Vingt ans après sa mort, le Musée Charlier lui a consacré une rétrospective.

Mathilde Renault (26.06.1986)

Compositeuse, chanteuse

Fille de musiciens, papa au piano et maman à la guitare, elle ne se met au piano que vers l’âge de 16 ans, en autodidacte. A 17 ans, elle entre à l’INSAS (déjà une prouesse si jeune) et réussit une première année en Image. Elle se rend alors réellement compte de sa vocation et se réoriente pour suivre des cours de solfège, de chant et de piano dans les académies bruxelloises. En 2005, elle remporte le 1e prix des sélections belges dans un concours de composition et l’année suivante, elle sort son 2e album Louana avec le saxophoniste suédois Jonas Knutsson. Elle tourne également avec deux musiciens anversois sous le nom de Zanga. En 2011, elle quitte les sentiers du jazz pour les chemins d’une pop folk subtile et sort son premier album solo Caméléon Boat. 2011 la voit aussi entrer par la grande porte au Bota. Ce qu’elle aime dans son quartier à Saint-Josse, c’est sa vivacité et les étals de fruits accessibles le soir.

Herbert Rolland (xxxx* - 2010)

Comédien, metteur en scène

De son vrai nom Rubinfajer, le petit Herbert échappe de justesse à la déportation qui emporte sa famille. Avec un tel départ, rien d’étonnant qu’il ait appelé le théâtre qu’il fonde en 1971 avec Nicole Dumez le Théâtre de la Vie. A 19 ans, il s’exile aux Etats-Unis et découvre le théâtre de Bertold Brecht qui le bouleverse et marquera toute sa carrière artistique. Le comédien quitte les USA sans un sou, avec femme et enfants, pour tenter sa chance au Berliner  Ensemble, le théâtre fondé par Brecht. Il y fait un stage puis est engagé comme metteur en scène au Volkstheater de Rostock. Toute sa vie, il garde ce désir de s’impliquer dans la société et l’utopie de la changer. C’est pour cela sans doute qu’il n’aura de cesse de s’adresser aux jeunes, mettant sur pied Pierre de Lune, centre dramatique jeune public. En mouvement perpétuel, il se muait en administrateur, acteur, éclairagiste ou barman pour son théâtre.

S

André Saint-Rémy (1913 - 1984)

Bourgmestre (1947 - 1953)

Il est né et décédé à Saint-Josse. Docteur en droit de formation, il devient conseiller communal dès la fin de la guerre, en 1946. Il endosse l’écharpe mayorale l’année suivante, en 1947 et restera bourgmestre jusqu’en 1953. Il devient ensuite conseiller communal à Woluwé-Saint-Pierre en 1970. Il fut également député pour le PSC (ancien nom du CdH).

Dominique Serron (27.04.1961)

Metteure en scène

Premier Prix de Conservatoire en interprétation et direction d’acteurs, elle a doublé sa formation pratique d’une approche théorique en obtenant une licence en Etudes Théâtrales. Elle n’a cessé par ailleurs de compléter sa formation, notamment en danse. Elle crée L’Infi ni Théâtre en 1986 pour le spectacle Alice adapté de l’oeuvre de Lewis Carroll. Primé à plusieurs reprises, son travail se caractérise surtout par une pertinence de l’occupation de l’espace et du temps et une approche du corps singulière. Elle multiplie les activités et points de vue, bâtissant sans cesse des ponts entre la recherche théorique et la pratique théâtrale, entre la création et l’enseignement, entre la scène et le monde. Elle défend intimement un projet culturel en interaction entre l’individu et le social, l’intime et le public, le théâtre et la cité. Elle assure aussi de multiples prestations dans l’enseignement.

Rik Slabbinck (1914 - 1991)

Peintre

Cet étudiant de l’académie de Bruges et de Saint-Luc Gand travailla de 1936 à 1938 dans l’atelier de  Permeke qui lui apprit sa technique du couteau à palette. Il obtint la 2e place au prix de Rome en 1940 et en 1943. Son travail évolua d’un sombre expressionnisme vers une version beaucoup plus claire et  lumineuse où de grandes taches d’orange, de rouge et de jaune étaient au service de nus, de portraits, de natures mortes ou encore de paysages. Il a enseigné à Anvers et séjourné en Provence. Dans les années 50, il est présent à la Biennale de Venise, à Sao Paulo et à Menton. Il fut également l’un des pensionnaires de la cité d’artistes Mommen et décrocha le prix Oleffe en 1984.

Patrick Spadrille (11.10.1972)

Comédien

« Mon métier de comédien s’exprime à travers plusieurs disciplines. Le théâtre, je l’ai approché en tant que créateur de mes projets. J’ai écrit plusieurs pièces et les ai montées ensuite montées comme comédien ou metteur en scène. L’improvisation m’a donné l’occasion de découvrir une multitude d’univers et de genres et de jouer un peu partout en Belgique, en France, en Suisse, en Allemagne, au Québec et en Russie. C’est ensuite la télévision qui m’a ouvert les bras. De la capsule de 2 minutes au rôle récurent de série, j’ai eu la chance de m’exprimer sur toutes les chaînes belges. Depuis 2008, c’est le cinéma qui vient enrichir mon parcours. » C’est en ces termes qu’il se présente sur son site et tout le monde l’aura reconnu de Fritkot sur RTL-TVI et Melting Pot Café sur la RTBF. A la rubrique Chanteur du site, mystère, mais une invitation à revenir car il y a de l’album en préparation.

Joëlle Strauss (04.06.1978)

Violoniste

Avec un nom comme le sien, une carrière musicale s’est probablement imposée de manière tout à fait naturelle. L’épouse de Marc Grauwels est violoniste et a rejoint l’orchestre Krupnik qui jette des ponts entre les cultures d’Orient et d’Occident par le biais de la musique. Depuis 1988, ce groupe bruxellois représente diverses cultures musicales juives (ashkénaze, séfarade ou israélienne, profane ou religieuse),
principalement au sein de la communauté juive. De plus, bien avant que le multiculturel soit à la mode, Krupnik a participé à de nombreux événements de rencontre avec diverses communautés culturelles et
religieuses.

Eva Sturtewagen (11.12.1982)

Strategieconsulente

Ils sont jeunes, ils sont flamands, ils ont du talent, ils habitent Saint-Josse. Ils en veulent, à Saint-Josse et nulle part ailleurs. Eva est la figure de proue d’un petit groupe particulièrement tonique de musiciens
et metteurs en musique et qui est à l’origine du Festival Tête à Tijd qui a été organisé pour la première fois en avril 2011. L’idée est toute simple : au lieu d’amener le public vers la musique classique, ce qui est parfois laborieux, c’est la musique classique qui va à la rencontre du public. Cerise sur le gâteau, les concerts sont courts et s’adaptent à la vie quotidienne : ils s’organisent dans un lavoir et durent le temps d’un cycle de lavage, à l’arrêt de bus en attendant que le bus arrive et si le musicien donne envie de prendre le bus suivant, c’est tout bon. De jeunes habitants à suivre, la relève est assurée, pas de souci à se faire.

T

Anne Thonet, « Anne Bonnet » (1908 - 1960)

Peintre

Orpheline à 17 ans, elle travailla pour subvenir à ses besoins tout en suivant, de 1924 à 1926, les cours du soir de l’Académie de Bruxelles. Après son mariage, elle put se consacrer à la peinture sous son nom de femme mariée : Anne Bonnet. En 1938, elle expose à la galerie Atrium avec Gaston Bertrand et Louis Van Lint. Ils formèrent le cercle La Route Libre. En 1951, elle fut sociétaire de l’Art contemporain et elle exposa au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Tout au long de ses nombreux voyages, particulièrement autour de la Méditerranée, entre 1950 et 1955, l’artiste retint dans ses carnets de croquis des motifs vécus qui furent autant de bases pour des constructions abstraites ou des paysages urbains. Femme discrète, Anne Bonnet parcourut l’univers pour le transformer en une poétique sensible qui, dans ses meilleurs moments, n’est pas
sans évoquer Paul Klee.

Sam Touzani (19.06.1968)

Comédien, humoriste

« Je préfère le rire au repentir, le cul à la culpabilité et le monokini au monothéisme » ou « Mon père était un tirailleur marocain. Moi, je suis un nouveau tiraillé belge » sont extraits de son fameux One Man Show Liberté Egalité Sexualité qu’il a joué plus de 200 fois au KVS. On ne présente plus Sam Touzani, l’acteur courageux (téméraire ?) d’Allah Superstar et d’A portée de crachat où l’acteur berbère est mis en scène par un juif. Généreux mais sans concession, il incarne aujourd’hui la culture métissée typique de Bruxelles. Il est l’un des membres fondateurs de l’Espace Magh, centre culturel dédié aux cultures maghrébines, méditerranéennes et du Sud. Farouche défenseur des Droits Humains, militant laïc et féministe… il fut aussi le premier présentateur d’origine marocaine à apparaître à la télévision.

Tran Viet Tuoc (12.05.1950)

Restaurateur

La communauté asiatique est en général tellement discrète que personne ne pense jamais à l’évoquer. Dans le cas de Monsieur Tuoc, il convient de souligner que non seulement sa cuisine est excellente et peut être qualifiée de gastronomique tout en étant légère et digeste, mais surtout que depuis son arrivée sur le territoire de la commune, il organise chaque année le Nouvel an dit chinois. On devrait plutôt appeler cette fête le nouvel an lunaire car il est célébré dans de nombreux autres pays que la Chine. Entre le 21 janvier et le 20 février, la rue de la Pacification s’anime de cracheurs de feu, de danseurs costumés et le spectacle haut en couleurs dure toute la soirée pour la grande joie des habitants du quartier. Une manière originale de partager une culture en général peu représentée.

U

Charly Uyttendaele (07.10.1951)

Commerçant

Dans les visages familiers de Saint-Josse, difficile de ne pas citer Charly et sa petite vache, le fromager situé sur la Place Saint-Josse. Il livre dans les plus grands restaurants de la Capitale, régale les meilleurs tables de ses merveilles odorantes et est régulièrement cité dans les rubriques gastronomiques les plus pointues des magazines spécialisés. Cela n’empêche que le fi n gourmet n’hésite jamais à livrer quelques belles roues blanches pour que le repas de fi n d’année des sans-abris se termine en beauté.

V

Annie Valentini (02.09.1953)

Directrice de centre culturel

Un diplôme scientifique en poche, elle se destine d’abord à la recherche avant de bifurquer vers le culturel en travaillant comme bénévole dans un centre culturel. Elle travaille au Jacques Frank à Saint-Gilles où elle organise des expositions et apprend le métier sur le tas. Depuis le début des années 90, à la direction financière puis à la direction générale, elle veille au développement du Botanique, un des lieux culturels incontournables de la Capitale. Aujourd’hui, le Bota organise plus de 200 concerts par an, accueille le meilleur de la scène belge et internationale et est devenu une référence tout à fait majeure dans le monde musical. Les jeunes artistes qui se lancent savent ce qu’un concert au Bota représente comme tremplin dans leur carrière. Par ailleurs, ce lieu magique ne laisse aucun artiste de glace.

Jaco Van Dormael (09.02.1957)

Réalisateur

Après des études de cinéma (prise de vues et réalisation) à l’INSAS à Bruxelles et Louis-Lumière à Paris, il devient metteur en scène de théâtre pour enfants, notamment dans des numéros de clown. Il passe à la réalisation en 1991 avec Toto le héros, récompensé par la Caméra d’or au Festival de Cannes. En 1996, son Huitième jour connaît un grand succès public et révèle l’acteur Pascal Duquenne tandis que la 1ère du très attendu Mr Nodoby a lieu dans la magnifique salle Henry Le Boeuf de Bozar en 2010. Jaco Van Dormael explore dans ses fi lms, teintés d’onirisme, la puissance de l’imaginaire et la part oubliée de l’enfance dans un quotidien morne et tragique. Lorsqu’il habitait Saint-Josse, il participait activement aux ateliers de Galafronie avec Didier De Neck pour transmettre le virus de la scène aux jeunes.

Guillaume Van Strydonck (1861 - 1937)

Peintre

Il est né en Norvège, où son père travaille pour une société brugeoise. La famille s’installe en 1863 à  Saint-Josse et il est initié dès 12 ans à la peinture par le portraitiste Edouard Agneessens, ami de la famille. À l’Académie de Bruxelles (1876-1884), il rencontre Ensor et le sculpteur Charlier et grâce à ce dernier, il se lie d’amitié avec Henri Van Cutsem, amateur d’art. Outre les portraits d’amis, il peint des paysages en plein air. Il exposa aux Salons en Belgique et à Paris et dans les cercles artistiques progressistes L’Essor et Les XX (membre fondateur). Les peintures inspirées par ses voyages en Floride et en Inde sont les plus appréciées. Il sera professeur à l’Académie de Bruxelles pendant trente ans et l’inspirateur d’un atelier pour filles. En 1928, il fut l’un des invités d’honneur à l’inauguration du Musée Charlier, ancienne demeure de ses amis.

Judith Vanistendael (21.08.1974)

Illustratrice, auteur de BD

Née à Louvain, elle est la fille du célèbre écrivain, poète, essayiste Geert van Istendael. Après le lycée, elle étudie plusieurs disciplines artistiques à Berlin, Gand et Séville. De retour à Bruxelles, elle étudie les sciences de l’art et suit des cours à Sint-Lukas dans la classe de Johan De Moor et Nix, deux dessinateurs de BD. Elle crée plusieurs BD, notamment pour le magazine Demo, et illustre le livre Het Koeienboek de Didi Dumontak. Le premier volume de sa BD partiellement autobiographique De Maagd en de neger  paraît chez Oog & Blik en 2006, est remarqué et fi gure sur la sélection offi cielle du Festival d’Angoulême 2009. A Saint-Josse, elle signe la splendide fresque murale Saint-Josse, Couleur Café de la façade de l’Impérial, inaugurée en mai 2009 place Saint-Josse (Projet d’Atrium, réalisation asbl Art Mural).

Éric Vauthier (02.10.1964)

Chef d’entreprise

La Rétine de Plateau de la rue Royale, c’est lui. Le nom est un clin d’oeil à Joseph Plateau, un physicien qui, au 19ème siècle, posa la théorie de la persistance rétinienne, ce qui permit l’invention du cinématographe. Les petits-déjeuners du cinéma (1985-2002), Les Drive-in Movies du Cinquantenaire (1989-1999 – co-fondateur) ou encore le Cyberthéâtre, le 1er théâtre multimédia au monde lancé en 1996, c’est lui aussi. L’affichage culturel dans la métro, ne cherchez pas. La Champagnothèque des Galeries Saint-Hubert, c’est encore lui… Dans le registre des infatigables inventeurs tennoodois et omniprésents bruxellois, on trouve Eric Vauthier aux premières loges, assis à côté de Paul Sterck. Enfin, assis… Le saviez-vous ? La couverture ne le mentionne pas mais le bel ouvrage sur les cinémas de Bruxelles signé Isabel Biver a été écrit à quatre mains, devinez avec qui ? Non ! Si…

Julot Verbeek (31.03.1921)

Attaché de presse

Un homme de l’ombre qui a consacré sa vie aux artistes et au spectacle. Ce métier d’attaché de presse spécifi que au monde artistique est probablement né avec lui mais il a toujours su garder ses distances,
tant avec les journalistes qu’avec les artistes. En toute humilité, il se sentait toujours au service des uns et des autres. Pragmatique, efficace et sincère, il était très apprécié dans le landerneau. L’histoire de Julot Verbeeck est celle d’un homme passionné par les artistes et le spectacle à qui il a consacré toute sa vie. Secrétaire de Charles Trenet, attaché de presse du Théâtre des Galeries, du Cirque Royal, de l’Ancienne Belgique et du Théâtre de la Monnaie, il a rencontré les plus grandes vedettes qui se sont produites en Belgique. Tout a commencé grâce à un beau bulletin pour lequel sa mère voulait le gratifier. Il a choisi d’aller voir Charles Trenet et s’est débrouillé pour le rencontrer dans sa loge.

Chloé Von Arx (13.04.1976)

Comédienne

La comédienne suisse habite Saint-Josse avec son compagnon Thierry Bellefroid et est devenue une image familière de la télévision. On la retrouve notamment dans l’émission Une brique dans le ventre sur la RTBF et sur la chaîne concurrente, dans un concours d’imitation aux côtés de Stéphane Degroodt, une série RTL-Comédies qui permet de fi nir le week-end de bonne humeur. Elle fait partie des 2 % de Belges
qui n’ont pas la télé, ce qui lui donne certainement assez de distance pour conseiller les spectateurs sur les films, séries et émissions à ne pas louper de la semaine. Elle participe aussi à la Semaine infernale et
au Jeu des dictionnaires, deux émissions phare de la Première. Elle a beaucoup travaillé dans l’impro théâtrale, notamment dans l’excellente compagnie Tadam. En juin 2011, elle remporte un prix dans le festival d’humour Performances d’acteurs de Cannes pour Le nid.

W

X

Y

Nichette Eugénie Halleux-Yerlès (1911 - 2011 )

Chef d’entreprise

En 1930, elle fonde la première société d’intérim d’Europe : Interapide. Après la guerre, elle a eu cinq enfants depuis, elle reprend ses affaires et les diversifie. Elle ouvre une succursale à Paris et une autre à Anvers. Outre ses activités professionnelles et son rôle de mère, de grand-mère (18 petits-enfants) et puis d’arrière grand-mère (44 arrière-petits-enfants), elle a aussi poursuivi un travail d’artiste-peintre et une rétrospective de son travail eu lieu en 1991 dans les locaux de l’Alliance française. Lorsque la commune a fêté son 100e anniversaire, pas d’assiette en étain ni de bibelot mais un flacon de Miss Dior, son parfum préféré.

Jamal Youssfi (08.08.1971)

Comédien

Rien ne prédestinait Jamal Youssfi à la scène. Après un parcours scolaire difficile, le hasard le mène à l’Académie où il se frotte à l’art dramatique et à la déclamation, mais ce sont les fameuses émeutes bruxelloises du début 90’s qui vont propulser son destin théâtral. Les parents descendus dans la rue pour calmer la situation entre les jeunes et la police ont créé des associations de famille (prémisses de l’asbl Avenir) et lui ont demandé de donner des ateliers de théâtre. C’est peu après qu’est née la Cie Des Nouveaux Disparus. Depuis son premier spectacle en 1997 Chez Aziz, il ne cesse de mêler art et associatif en sillonnant les quartiers, le pays, mais aussi les continents avec chapiteaux, roulottes, scènes en plein air, tentes berbères… Son festival gratuit Théâtres Nomades s’installe chaque fin d’été dans le Parc Royal de Bruxelles depuis cinq années déjà.

Z

Mourade Zeguendi (30.10.1980)

Acteur

Mourade est un vrai ket de Saint-Josse. Il a fréquenté les écoles communales, fait de la boxe à la rue Verte et du foot à l’Oasis. Après les primaires, il se fâche un peu avec l’école mais le théâtre lui sauve la mise. Il décroche son premier rôle à 18 ans dans Bruxelles, mon amour et sa bonne étoile ne le lâche plus. Didier De Neck va l’aider et produire 41, rue de la Limite et Hafa. Conscient de l’importance de la deuxième langue nationale, il va l’apprendre et tourne en français avec une compagnie gantoise Union Suspecte. Dans la comédie rafraîchissante de Nabil Ben Yadir, Les Barons, il est le désormais célèbre Mounir, un anti-héros qui traîne ses baskets dans les rues de Molenbeek. Avec 140 000 entrées en Belgique, l’histoire interpelle un large public. « Jamais, peut-être, Bruxelles n’a été aussi bien filmée ». Le Soir.

 

Dernière modification: 19.07.2018